Le rêve automobile d’hier et d’aujourd’hui

19 janvier 2015

Articles automobiles

L’automobile a toujours été synonyme de progrès et d’innovation.

Dans la conscience collective, l’automobile a tout de suite su s’imposer comme un objet de passion et de désir. Qui ne s’est jamais retourné face à une voiture arrivant au loin dans la rue qui transforme nos yeux en de véritables aimants en la voyant passer ? Ou bien qui ne s’est jamais extasié en entendant une douce mélodie (ou un vacarme enivrant) d’un bloc élevé en Italie, en Angleterre ou aux Etats-Unis ?

Ces deux aspects ont, pendant des décennies entières, dicter le rêve automobile. Une certaine course effrénée à cet assouvissement de désir s’est emparée de beaucoup de constructeurs à l’époque. L’automobile garde un magnifique patrimoine de l’ancienne époque, patrimoine qui n’est pas exhaustif : Bugatti Atlantic, Jaguar E-Type, AC Cobra, Porsche 911, Chevrolet Corvette, Camaro, Ford Mustang, Ford GT40, Porsche 911, Peugeot (en particulier les modèles dessinés par le génie Pininfarina), etc …. Toutes ces automobiles ont encore une forte présence aujourd’hui dans le paysage, puisque heureusement, les constructeurs ont pris conscience qu’un rêve ne doit jamais s’arrêter.

Alors vous allez me dire « mais c’est quoi pour lui ‘à l’époque’ ? » … et bien c’est le choc pétrolier de 1973 ! Et à partir de là, on commence à prendre conscience que « plus que plus », c’est trop. Surtout au niveau de la consommation et de la pollution des voitures, chose qui n’a pas vraiment été prise en compte avant, puisque ce qui primait avant tout, c’était la croissance. On ne se préoccupait pas de l’écologie, du meilleur rendement des moteurs. Quand on voit les cylindrées énormes des voitures de l’époque pour des puissances relativement modestes et des consommations gargantuesques, on se dit que l’automobile a bien évolué !

Et cette évolution s’est concrétisée pour la première fois en Formule 1 : elle s’appelle turbocompresseur et a été autorisée dans les Grands Prix dans les années 1980. On dit que la F1 est la vitrine technologique du monde automobile. Cette fois-ci, elle avait pour rôle d’améliorer le rendement des moteurs tout en abaissant la consommation. Dès lors, plus besoin de V12 ou V8 atmosphériques de 3L de cylindrées, un V6 de 1.5L de cylindrée turbocompressé offre désormais le même niveau de puissance. On appelle cette solution le downsizing
 
Cette solution s’est retrouvée majoritairement, et pendant très longtemps sur les motorisations diesels. Mais peu à peu, les constructeurs se sont penchés sur l’intérêt de cette technologie que j’appelle de « respiration artificielle » sur les moteurs à explosion. Et force est de constater que les efforts réalisés par les motoristes sont saisissants : on peut maintenant tirer plus de 300 chevaux avec un simple 2.0L, soit un rendement de 150 ch/L ! 
 
Mais bien évidemment, les normes environnementales sont de plus en plus strictes, pour compenser les folies des grandes années de croissance irréfléchie. Alors est née en 2014 une nouvelle génération d’automobile. Non, ce n’est pas la voiture connectée 2.0 en série, mais une nouvelle façon de penser la performance en alliant deux technologies. Et cette nouvelle génération est venue de deux mondes : celui de la Formule 1 bien sûr (il faut bien qu’elle remplisse son rôle de précurseur automobile !), mais aussi de la voiture de série. Bon d’accord, « de série » est un bien grand mot, puisqu’il s’agit des fameuses Ferrari LaFerrari, McLaren P1 et Porsche 918 Spyder limitées à respcetivement 499, 375 et 918 (ça ne s’invente pas) exemplaires.
 
Les présentations sont faites, maintenant qu’est ce que ces voitures « de série » apportent de nouveau ?
Et bien le principe est assez simple : associer un moteur thermique et un moteur électrique pour augmenter la puissance. C’est tout ? Oui.
Mais chaque constructeur a sa propre vision du futur automobile.
Ferrari garde une architecture assez simple, c’est-à-dire que l’énergie dissipée lors des freinages est récupérée et stockée dans la batterie, puis est réutilisée par le moteur électrique lors des phases d’accélération avec le moteur thermique. Ainsi,  la puissance cumulée des deux moteurs est de 800ch (moteur thermique) + 163ch (moteur électrique), soit .. 963 chevaux ! Très bien, vous avez bien suivi ;)
Cette hypercar garde un bon vieux moteur V12 de 6.2L de cylindrée (comme celui de la F12).
 
McLaren a choisit un système différent : contrairement à LaFerrari et son moteur atmosphérique, la P1 emprunte le V8 biturbo 3.8L de sa petite soeur 650S (ou MP4-12C, c’est le même bloc initial), et le fait monter à 737 chevaux. A celà s’ajoute les 179 chevaux du moteur électrique pour un total de 916 chevaux.

Enfin, Porsche a choisit un système plus poussé : elle utilise un moteur V8 atmosphérique 4,6L de cylindrée pour « seulement » 608 chevaux. Mais Porsche utilise l’électricité de manière plus sophistiquée que ses concurrents. Tout d’abord, la 918 possède 2 moteurs électriques, un sur l’essieu avant développant 129 ch et un sur l’essieu arrière de 156 ch. En plus, contrairement aux Ferrari et McLaren, où les systèmes électriques ne sont qu’un boost, Porsche a décidé d’en faire une voiture .. 100% électrique ! Ou plutôt hybride rechargeable.

En effet, elle peut rouler une trentaine de kilomètres en électrique jusqu’à 150km/h. Lorsque les 3 moteurs (2 électriques + 1 thermique) fonctionnent de concert, la Porsche développe 887 chevaux et est aussi 4 roues motrices, alors que ces concurrentes s’autorisent des dérives plus généreuses du fait qu’elles soient de simples propulsion.

Tout ça pour dire que les constructeurs sont en perpétuelle évolution des évolutions techniques pour réduire leur consommation et améliorer le rendement moteur, comme le montre ces 3 constructeurs d’élite qui ouvrent la voie aux autres constructeurs en montrant que c’est une alternative tout à fait crédible et que l’automobile peut toujours faire rêver, même si le moteur thermique n’est plus roi de ce monde.

Alors maintenant, qu’est-ce que la F1 a proposé de nouveau en 2014 par rapport à ces hypercars, hein ?
D’abord, il y a le retour du turbo sur toutes les monoplaces, technologie enlevée de la F1 en 1987. Ensuite, exit le V8 de 3L, welcome au tout nouveau V6 1,5 Turbo ! Ensuite, le système de récupération d’énergie au freinage, instauré en F1 en 2009 et faisant office de boost de 80ch par un moteur électrique pendant 8 secondes par tour a été amplifié : le moteur électrique développe ainsi 160 chevaux et est disponible pendant 33 secondes par tour.
On a donc un moteur turbo avec un moteur électrique qui reprend l’énergie cinétique dissipée au freinage, comme les hypercars finalement.
Mais en F1 s’ajoute un autre système pour alimenter la batterie du moteur électrique : le système de récupération des gaz d’échappement. En effet, la chaleur dissipée par le moteur à l’échappement est récupérée sous forme d’électricité et est stockée dans la batterie.
 
Il y a donc une évolution dans le fait de vouloir récupérer l’énergie perdue et la stocker et la convertir en électricité.
Quand on y pense, c’est assez drôle : on utilise un moteur thermique (qui n’a qu’un rendement de 25%, c’est à dire que pour 100 unités d’énergie, il n’en produit que 25) et on tend à vouloir stocker l’énergie perdue par ce moteur dans une batterie qui permettra de fournir de l’électricité à un moteur électrique (qui a un rendement bien supérieur, à savoir 90% !) pour aider le moteur thermique.
 
Pour conclure cet article, les voitures de rêves ont bien évolué techniquement, mais l’innovation reste une source de motivation immense pour toujours entretenir la passion et le rêve dans une nouvelle forme.
 
 
 

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